Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PrÉSentation

  • : le blog lepapouilleur par : Michel
  • : informations sur les différents massages et soins esthétiques: legislation, méthodes, enseignement
  • Contact

Recherche

19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 11:05

Un article publié dernièrement par un organisme de presse professionnel indiquait qu’une nouvelle fois, c’est le domaine du bien-être qui est le plus signalé à la Miviludes (organisme chargé de la surveillance des dérives sectaires en France).

Cela n’a rien de surprenant quand on sait d’une part que la formation est entièrement libre chez nous et que ce n’est que la pratique de certains actes qui est réglementée.

Depuis 2010, très régulièrement on alerte sur les formations qui sont censées déboucher sur un avenir professionnel alors qu’elles sont nettement insuffisantes pour présenter la moindre assurance de sérieux et que parfois même les pratiques sont reconnues par la médecine comme étant du charlatanisme. Une formation en thérapie ayurvédique par exemple nous est proposée régulièrement sur internet en 28 modules que l’on peut suivre par correspondance ! En Indes, c’est des années d’études en présentiel : on ne joue pas dans la même catégorie !

Le charlatanisme est, au niveau médical, une pratique qui non seulement n’a aucune efficacité pour ce quoi elle est pratiquée mais qui, de plus est, est dangereuse pour la personne qui reçoit le soin. La définition de l’Ordre des Médecins en est : « Les thérapeutes ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite ».

Il faut reconnaitre que les financeurs (Fafpea et/ou client(e)s) ne sont pas très regardants sur le contenu des formations et j’irai même plus loin, les formateurs eux même ne sont pas de mauvaise foi puisqu’ils croient à ce qu’ils font parce qu’ils ont eux même été formés à ces méthodes.

Une partie de nos formations débouche donc sur des pratiques inutiles voire même dangereuses qui entrent dans le domaine de la confiance et de la croyance et donc dans le domaine de la dérive sectaire telle qu’elle est définie par la Miviludes. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que nous soyons montrés du doigt par cet organisme. Il n’y a, de toute évidence, de la part des formateurs et des esthéticiennes qui pratiqueront ces méthodes aucune volonté de domination sur la personne qu’ils (elles) traitent ou sur les personnes qui reçoivent leur soin donc pas le classique gourou qu’on imagine quand on parle de secte mais il y a, même si elle n’est pas consciente, une domination involontaire puisqu’on compte sur l’acceptation et la confiance de la personne traitée.

De nombreux formateurs tomberaient des nues si on leur disait que leur enseignement entre dans le cadre du charlatanisme et il me semble totalement impossible de faire le ménage dans les formations : à notre niveau, il faut considérer que nous sommes 90% à être totalement incapables de juger du bien fondé de ce qui est dit et si on faisait appel à des personnes compétentes, ce serait considéré comme une atteinte à nos libertés voire même à une mainmise sur notre profession.

Il convient toutefois de rester prudent(e ) quand on se lance dans ce qu’on appelle « thérapies alternatives » car si un ou une cliente perd confiance pour X raisons en nos soins, elle peut tout à fait penser qu’elle a été manipulée et abusée et se retourner contre nous. C’est ce qui explique que le bien être soit si souvent présent dans les plaintes à la Miviludes.

Il y a donc fort à craindre que nous fassions encore longtemps partie du groupe de tête parmi les signalements à la Miviludes.

Partager cet article
Repost0
16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 18:43

Un autre regard sur le massage 

 

 

Un ami m’a dernièrement demandé mon avis sur un certain nombre de centres de formation en massage que l’on peut trouver sur internet. Il envisage une reconversion éventuelle et se sent attiré par les massages.

Je suis donc allé voir ce qui était proposé. Cette recherche m’a fait pleinement comprendre ce que je ressentais et me mettait actuellement mal à l’aise face à ce que je vois de l’évolution dans le milieu du massage bien être.

Je me suis très souvent retrouvé face à ce qui est, pour moi, une des pires dérives possibles : une tendance à la sectarisation.

Malraux disait que le XXIème siècle serait mystique : on est en plein dedans. On efface d’un revers de main tout ce qui a été fait depuis les années cinquante, on oublie Mézières, Still, Struyf-Denys. On ignore l’anatomie, la physiologie, la pathologie.

On est revenu à une époque où n’étaient connus ni l’électromyogramme, ni l’IRM, ni le scanner, ni l’EEG. On parle de « réflexe » sans savoir ce que c’est, on se dit réflexothérapeute ou massothérapeute sans être capable d’établir un diagnostic. On soigne sans établir de diagnostic ! On en est revenu aux fluides, aux chakras, aux méridiens, au magnétisme… comme si cinquante ans de recherches, de découvertes, de travail n’avaient servi à rien : on se cramponne à l’obscurantisme et pour cacher l’ignorance on vend du rêve. Vendre du rêve, je ne suis pas contre, mais si on est conscient de ce que l’on fait, pas pour cacher ses lacunes.

Le langage employé est souvent très proche d’un langage sectaire. On a un « Maître », on suit un rituel. On utilise les grosses ficelles que je dénonçais il y a une quarantaine d’années dans mon mémoire de sophrologie « office religieux, technique sophronique » : encens, vibrations… tout ce qui nous permet de déconnecter le plus vite possible.

Et je ne parle pas des dérives de certaines formations pseudo-tantriques ou proches où on appelle la masturbation « massage lingam » et la pénétration « massage prostatique » ! Ces méthodes correspondent à une demande et je pense qu’elles ont toute leur place dans notre société mais le mélange des genres ne nous est pas favorable au niveau réputation et il faudrait que les appellations soient plus claires pour éviter les quiproquos.

Généralement, je ne regarde pas trop ce qui se passe ailleurs. Je ris devant les chorégraphies présentées au Congrès des Nouvelles Esthétiques et aux championnats de massages et ça s’arrête là. On résume le massage qui est avant tout en dialogue non verbal entre deux personnes à une chorégraphie. C’est un peu comme faire un discours en langue des signes devant un parterre de non-voyants ! En allant sur ces différents sites, je pensais entendre parler d’anatomie, de physiologie, de posturologie, de chaînes aponévrotiques et musculaires … pas me retrouver là où j’étais il y a cinquante ans. On enseigne le drainage lymphatique sans même évoquer les lois de Starling, on fait du massage de détente sans dire ce qu’est une lemniscate, sans parler des chaînes aponévrotiques et musculaires… Heureusement qu’on ne peut que très rarement faire du mal en massant une personne qui vient pour du bien-être et est censée ne pas souffrir de pathologie. Spontanément, si une personne aime masser, elle ne fait que rarement des choses qui sont désagréables ou dangereuses.

La visite de ces différents sites me conforte dans l’idée qu’il serait important et urgent de remettre les pendules à l’heure, d’exiger un minimum de sérieux et de connaissances de la part des formateurs et formatrices. Le massage est un Art mais comme tous les arts il nécessite une connaissance des outils pour atteindre, sinon la perfection puisqu’à l’impossible nul n’est tenu, mais au moins une compétence accrue.

 

 

Partager cet article
Repost0
28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 16:53

UN AUTRE REGARD SUR ….

Dès le début des études et formations en esthétique on a toujours considéré l’esthéticienne de base comme une parfaite idiote à qui on devait apprendre un certain nombre de « protocoles » avant de la lâcher dans la nature.

La plupart d’entre nous a donc suivi un certain nombre de formations pendant lesquelles on lui disait « tu fais ça, puis ça et ça pour terminer » et on considérait que c’était suffisant pour se lancer dans la nature et aller bosser. Cet enseignement qui, au début, n’était destiné qu’aux soins du visage, aux soins du corps à la beauté des mains et des pieds et aux épilations s’applique maintenant aux massages. On nous apprend des « protocoles » en partant du principe que nous sommes totalement incapables de réfléchir à ce que nous faisons et que nos connaissances théoriques sont nettement insuffisantes pour comprendre le pourquoi du comment.

 

C’est pourquoi j’ai envie de porter un autre regard sur certains soins.

 

 

 

 

UN AUTRE REGARD SUR L’EPILATION

 

1°) L'anatomie du poil

 

 

 

 

 

 

Les poils sont des phanères se présentant sous l'aspect de filaments cornés implantés obliquement dans le derme par invagination de l'épiderme. Les poils se composent donc d'une tige libre à la surface de la peau, ou poil proprement dit, et d'une partie invisible enchâssée dans le derme, la racine, dont l'extrémité en cupule (le bulbe) reçoit la papille vasculaire nourricière.

 

Le poil comporte des annexes : une glande sébacée, l'ensemble formant l'appareil pilo-sébacé ; le muscle érecteur, dont la contraction, sous l'influence du froid, d'une émotion, est à l'origine du phénomène de la "chair de poule". Grâce aux réseaux nerveux ramifiés entourant les follicules pileux, les poils participent aux sensations tactiles.

 

La distribution des poils sur le corps est inégale. Dans la répartition et l'abondance de certains d'entre eux intervient une hormonodépendance ; ainsi, l'apparition de la pilosité ambo-sexuelle (pilosité pubienne et axillaire (aisselle)) fait partie des caractères sexuels secondaires marquant la période de la puberté.

 

Les follicules pileux se forment une fois pour tout pendant les premiers mois de la vie intra-utérine et bien que les poils auxquels ils donnent naissance puissent être très différents selon le sexe ou la race, leur nombre est toujours le même. Au cours du développement de l'être humain, trois sortes de poils se succèdent :

a - le lanugo, très fin, frisé, non pigmenté, qui couvre le fœtus et tombe au septième mois de la grossesse pour être remplacé par ;

b - le duvet, également incolore, doux au toucher et ne dépassant pas 2 cm de long ;

c - les poils définitifs, pigmentés, qui plus ou moins longs et serrés, couvrent diverses parties du corps, en particulier le crâne (cheveux), les aisselles, les régions sexuelles. Une partie du duvet ne se transforme en poils définitifs qu'au moment de la puberté, la répartition et la densité de la pilosité dans certaines régions (joue, ventre, pubis) variant considérablement selon le sexe.

 

Pour résumer, la femme possède un nombre de poils identiques à ceux de l'homme. La différence provient de la production hormonale. Les testostérones de l'homme font maturer le poil sur une plus grande surface que chez la femme. La production hormonale de la femme fait que les poils sur le visage, sur la poitrine et sur le dos demeurent du duvet tout au long de sa vie. Ce sont des hormones mâles qu'on appelle les androgènes, sécrétés par la glande surrénale en relation avec la production d'oestrogène des ovaires, qui sont responsables de la transformation du duvet au niveau des aisselles, du pubis, des jambes et des bras en poils définitifs longs, épais et colorés chez la femme.

 

Une femme, qui développe une pilosité qui ressemble à un homme, hirsutisme, souffre d'une des deux affections extrêmement rares où les hormones mâles (androgènes) sont sécrétées en trop grande quantité : l'hyperplasie congénitale des surrénales, où l'hypersécrétion de l'hormone mâle peut être freinée médicalement ; ou bien une tumeur virilisante de l'ovaire ou de la surrénale. On l'enlève chirurgicalement, et les signes de virilisation disparaissent.

Donc, il n'y a pratiquement pas de femmes qui ont des poils en trop. Il y a seulement des femmes qui ont des poils plus visibles parce qu'elles ont une pigmentation de couleur brune ou noire par rapport à que celles qui en ont une châtaine ou blonde.

 

L'ensemble de la surface de la peau est en mesure de percevoir plusieurs sensations, mais à des degrés variables. Ainsi, il existe une différence selon l'étendue du système pileux ; celui-ci dispose des terminaisons libres des fibres nerveuses adaptées surtout à la perception de la douleur, et de fibres entourant les racines des poils. Ceux-ci sont particulièrement sensibles au contact, leur rôle récepteur tactile est stimulé par le changement de position du poil qui fonctionne comme un levier élastique.

 

 

 

2°) La physiologie du poil

 

 

Le refroidissement du corps

 

Ce n'est pas pour rien qu'aux endroits du corps les moins exposés à l'air, soit aux aisselles et à l'aine, se retrouve la plus forte densité de poils. Ceux-ci conservent plus longtemps la sueur pour permettre un refroidissement plus efficace. Les poils jouent le même rôle qu'un T-shirt pendant une canicule l'été. En absorbant la sueur, il ralentit l'évaporation et prévient ainsi la déshydratation.

 

 

La protection

 

Les poils protègent les parties génitales contre les coups et les irritations dus aux frottements. Les poils sur les jambes et les bras protègent aussi contre les irritations dues au frottement des vêtements.

 

 

La sensibilité

 

Les poils font partie intégrante du sens du toucher, ils ont des récepteurs tactiles adaptés à la douleur. Ainsi, c'est eux qui détectent la chaleur intense d'un objet en premier et déclenchent le réflexe de recul. Il vous est sûrement arrivé de brûler vos poils avec une allumette sans que votre peau ne le soit.

 

Comme les poils réagissent au froid avec leur muscle érecteur causant la chair de poule, ils sont sensibles aux variations de température. Ils jouent un rôle de thermomètre avertisseur du système nerveux autonome. Ils détectent plus rapidement et de manière plus précise le changement de température. Ces informations sont essentielles pour permettre au corps de réagir le plus rapidement possible à une variation brusque de la température pour maintenir sa température constante.

 

S'il fait très chaud le corps baisse son tonus musculaire, augmente le débit de la circulation sanguine aux extrémités et les glandes sudoripares font évaporer de l'eau. S'il fait froid, le corps augmente son tonus musculaire, provoquant le frisson qui produit de la chaleur, la circulation sanguine diminue aux extrémités et les graisses sont utilisées pour produire de la chaleur.

 

 

 

 

3°) Comment pousse le poil ?

 

 

 

Le poil se forme dans une sorte de poche sous la peau appelée « follicule pileux ». Ce que nous voyons sortir n’est que la tige du poil qui est la partie kératinisée, durcie, de ce tissu pileux qui pousse à partir du follicule.

 

Les êtres humains ont plus de follicules par centimètres carré que la plupart des autres primates, y compris les chimpanzés et gorilles. Puisque nos poils sont souvent fins et pâles, ils ne sont en général peu ou pas visibles à l’œil nu. Saviez-vous que notre front contient plus de follicules pileux que n’importe quelle autre partie de notre corps ? Les poils plus épais, chargés en pigment que la plupart d’entre nous considérons comme le poil « vrai » et que nous trouvons, en certains endroits gênant, est en fait appelé le poil terminal. Ce poil se trouve sur notre tête (cheveu), nos sourcils, sur nos jambes, sous nos bras et sur le dos.

Chacun de nous possède un rythme de croissance du poil différent qui dépend de l’âge, du poids, du sexe, du métabolisme, des hormones, de notre origine ethnique, des médicaments que nous prenons et d’autres facteurs comme le régime et l’environnement par exemple. Mais tous avons le même cycle pileux divisé en 3 phases :

 

 

1) Phase de croissance active (phase anagène), qui dure plusieurs années.  A tout moment, jusqu’à 85% de notre pilosité se trouve dans cette phase. C’est là que le poil est le plus chargé en mélanine.

C’est dans cette phase que le poil est le plus sensible au traitement laser. C’est pourquoi plusieurs séances sont nécessaires pour obtenir un résultat durable

 

2) Phase de régression (phase catagène), qui dure à peu près deux semaines, pendant laquelle le poil s’arrête de pousser mais n’est pas encore détaché. A peu près 3-4% de notre pilosité se trouve dans cette phase à un moment donné.

3) Phase de repos (phase télogène), celle-ci dure 5-6 semaines, après quoi le poil tombe, et, un nouveau poil se forme. Approximativement 1-13% de notre pilosité se trouve dans cette phase à un moment donné.

 

 

 

 

 

 

4°) Les différentes façons de se débarrasser du poil.

 

 

Depuis des millénaires, la femme et l’homme, ont souhaités se débarrasser d’une partie ou de la totalité de leurs poils. Pharaon était entièrement épilé afin de montrer sa pureté.

 

Suivant les époques, les régions, la religion et les mœurs, telle ou telle partie du corps a été rasée ou épilée. Par exemple, au moyen âge, les poils et cheveux du front étaient épilés chez la femme.

 

Le poil est pour beaucoup plus disgracieux qu’agréable ou esthétique et on a, de tous temps, cherché soit à le discipliner, soit à le faire disparaître. De nombreux moyens sont utilisés dans ce but : coupe, rasage, épilations.

 

 

Nous allons essayer de mettre un peu d’ordre dans ces différentes méthodes. 

 

 

La coupe :

Elle permet de discipliner le système pileux sans pour autant le supprimer. Pour ce faire on peut utiliser le ciseau et plus couramment, et de façon plus pratique, la tondeuse. La mode actuelle, chez l’homme, est le rasage du visage à la tondeuse ; cela permet de présenter chaque jour une « barbe de trois jours » qui fait baroudeur ou élégant-négligé ! On utilise aussi la tondeuse sur le torse et le pubis pour ne pas présenter une apparence qui pourrait faire féminine sans pour cela ressembler à l’homme de Cro-Magnon. Les dames qui utilisent la tondeuse le font souvent au niveau du pubis pour désépaissir le poil parfois surabondant dans cette région.

 

 

Le rasage :

 

Il supprime le poil en le coupant à ras la peau, sans pour cela le détruire durablement. La repousse est immédiate et dès le lendemain le poil réapparaît. De plus, le poil repousse plus dru mais pas plus abondant comme on l’entend dire parfois.

 

La crème épilatoire :

 

C’est un rasage chimique, le produit brûle le poil à ras la peau. La repousse est retardée par rapport au rasage mécanique de deux à trois jours mais le résultat est identique à celui du rasage.

 

L’épilateur électrique :

 

Il arrache mécaniquement le poil mais présente plusieurs inconvénients. D’une part, il est très désagréable à utiliser sur certaines parties du corps (aisselles, maillot ..), et d’autre part il casse beaucoup de poils ce qui rend la repousse très irrégulière et impose des épilations rapprochées.

 

La pince à épiler :

 

Elle permet d’arracher un à un les poils qui nous gênent. Ce sera par exemple la seule méthode à employer au niveau des sourcils. Au passage, si votre esthéticienne vous épile les sourcils à la cire : vous pouvez en changer, elle fait juste ce qu’on dit de ne jamais faire dans les écoles ! Et pour les régions plus étendues, il faut beaucoup de patience…

 

Les cires à épiler :

 

http://img.over-blog.com/300x225/0/33/36/85/epilation_integrale04.jpg

 

 

Il existe de nombreuses cires différentes. Elles ont toutes le même but : capter le poil dans la cire et l’arracher (bulbe compris) avec la cire. La repousse est retardée et le poil repousse plus lentement. Le choix de la cire à employer dépendra de la région à épiler, du type de peau, du type de poil… C’est la méthode la plus efficace utilisée dans les instituts de beauté. Il faut aussi noter que plus on épile, moins le poil repousse. Je reviendrais en détail dans un autre article sur les différentes cires utilisée actuellement.

 

http://img.over-blog.com/299x188/0/33/36/85/epilation_integrale03.jpg

 

 

 

 

 

L’épilation laser :

 

C’est une épilation progressive car on sait qu’environ 25% des poils repoussent en deux à trois ans. De plus, elle ne détruit pas les poils en phase de pousse. Cette méthode est donc longue et onéreuse.

 

 

L’épilation définitive à l’aiguille :

 

C’est la seule méthode vraiment définitive puisqu’on glisse une aiguille pour envoyer un courant électrique jusqu’au bulbe du poil qui sera donc ainsi détruit. Le problème est que c’est très long (on travaille poil à poil), douloureux (on brûle le poil) et que tout le monde sait que tout au long de notre vie, les poils poussent, et souvent là où on ne les attend pas. Oncle Jules n’avait pas à 20 ans des poils dans les oreilles et Tante Agathe n’en avait pas, au même âge, pour décorer son menton !

 

 

 

L’épilation à la lumière pulsée :

 

Dernière arrivée sur le marché. Elle présente les mêmes caractéristiques que l’épilation au laser. De plus on manque encore de recul pour voir si elle est vraiment sans conséquences sur la peau.

 

 

 

 

PRATIQUE DE L’EPILATION A LA CIRE.

 

 

C’est jusqu’à présent celle qui est le plus utilisée en institut traditionnel, c’est sur elle que je vais porter un « autre regard ».

 

Cette méthode, quelle que soit la cire employée, consiste à étaler de la cire sur la région à épiler puis à l’enlever avec le poil captif.

 

Alors quel sera le processus à suivre pour obtenir un bon résultat et faire cela correctement ?

 

 

Nous l’avons vu, le poil est un phanère.

Il est nourri par un capillaire artériel qui lui apporte les nutriments nécessaires à sa croissance et dispose d’un capillaire veineux qui lui permet d’évacuer les déchets produits par le travail de pousse du poil. Donc, arracher un poil, c’est aussi, ce qui est trop souvent oublié, créer un microtraumatisme, une micro-plaie qui peut tout à fait être la porte d’entrée de microbes ou de bactéries pathogènes ou de germes nocifs.

Et ces bactéries, nous en sommes tous porteurs, même sans en être malades.

La première chose à faire avant l’épilation sera donc de désinfecter la peau le plus efficacement possible. L’alcool à 70° est un excellent produit pour obtenir le résultat escompté.

 

Ensuite, nous allons procéder à l’arrachage.

La cire est un élément généralement collant et va être posée sur la peau. Si elle est posée directement sur la peau, lors de l’arrachage, en plus du poil et dans le meilleur des cas on enlèvera la couche desquamante superficielle de la peau. Au pire, en tirant la cire on va traumatiser la couche plus profonde de la peau et parfois même provoquer un hématome.

 

Il faut donc protéger la peau avant de procéder à l’arrachage.

Pour cela, il faut bien tendre la peau avec la main libre pour opposer une résistance à l’étirement, et surtout utiliser du talc ou très peu d’huile. Cela fera un film entre la cire et la peau. Ainsi, lors de l’arrachage la traction ne se fera plus que sur le poil qui est pris dans la cire. Faire toutefois attention : si on met trop d’huile ou trop de talc, il devient impossible d’étaler la cire sur la région à épiler !

 

Les poils sont arrachés… mais ce n’est pas terminé !

Il ne faut pas se contenter de l’issue victorieuse de notre combat sur le poil !

En effet, en arrachant le poil nous avons arraché le bulbe et on système capillaire. Ceci est souvent très visible sur les zones fortement poilues (aisselles et maillot) puisque nous voyons poindre des gouttelettes de sang.

En coagulant, ces gouttelettes risquent de bloquer la sortie du nouveau poil qui remplacera celui que l’on vient d’arracher. Pour stopper cette microhémorragie et nettoyer correctement la région en la protégeant au mieux d’une infection, il convient d’appliquer un produit utilisé chaque jour en chirurgie et qui remplit ces deux fonctions : l’eau de Dakin. Contrairement à l’alcool qui favorise l’écoulement sanguin, l’eau de Dakin le ralentit. Donc, ne jamais mettre d’alcool après une épilation.

Une autre erreur faite par certaines esthéticiennes est de mettre du talc. Quand on leur demande pourquoi, elles répondent que c’est dans le protocole qu’elles ont appris. Si cela est vrai, ce protocole est incorrect : il revient à mettre du plâtre dans une région suintante, ce qui va cimenter le pore et provoquer la repousse de poils sous peau. Le talc n’est absolument pas un désinfectant, contrairement à ce que répondent souvent les esthéticiennes. Un autre argument est : « je fais ça depuis dix ans et je n’ai jamais eu de problème ». Ce ne sont pas elles qui ont ce problème mais leurs client(e)s dans les jours qui suivent ! Car de même, si ceux qui roulent sans ceinture de sécurité ou envoient des SMS en conduisant n’ont jamais eu de problème, ceux qui en ont eu en faisant les mêmes choses s’en souviennent !

Pour terminer, afin de protéger les micro-plaies qu’on aura faites il conviendra d’adoucir la peau avec une huile post-épilation. Cette huile a aussi l’avantage de pénétrer dans le pore et de faire comme l’huile mise sur certains bocaux : les microbes ne peuvent plus pénétrer le temps que la cicatrisation soit commencée.

Sans oublier d’informer les personnes épilées de ne pas s’exposer à tout risque d’infection pendant la journée qui suit l’épilation, en évitant les piscines, les saunas, la plage….

 

Et le gommage dans tout ça ?

Certaines esthéticiennes conseillent de faire un gommage avant l’épilation. Médicalement parlant, c’est une erreur fondamentale. Mais ne sommes-nous pas là pour avoir un « autre regard » sur la chose ?

Le gommage va détruire la couche desquamante mais aussi le film hydrolipidique qui recouvre notre corps. Ce film hydrolipidique est l’élément principal de protection de la peau, du maintien de l’hydratation cutanée et de lutte contre les agressions extérieures. Le détruire revient donc à détruire notre armure naturelle pour nous exposer à tous les germes qui viendraient nous agresser. Le gommage étant déjà néfaste en période disons « ordinaire », il devient aberrant de le faire avant une agression programmée des tissus superficiels.

Nous avons un système de défense efficace et naturel, pourquoi le détruire alors que l’on sait qu’on va créer toutes les conditions d’une possibilité d’infection ? Aucun produit, aucune crème ne contient les germes saprophytes du film hydrolipidique : laissons donc la nature assurer cette protection ! Pour moi, enlever le film hydrolipidique avant une épilation c’est comme choisir de conduire une moto sans casque : on arrivera, si on a de la chance, à atteindre notre but ! Mais on n’a pas tous les jours de la chance.

 

 

EN CONCLUSION.

 

J’espère que ce regard différent sur une pratique habituelle de nos instituts de beauté pourra permettre à celles et ceux ayant déjà une pratique raisonnée de l’épilation et qui ont eu la chance d’apprendre un protocole correct de comprendre pourquoi ils font ce qu’ils font. J’espère que celles et ceux qui ont choisi une autre façon de faire réfléchiront et modifieront leurs pratiques, pour réaliser une prestation raisonnée et logique sans nuire à son efficacité.

 

 

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 16:04

La réputation de superficialité des esthéticien(ne)s est-elle justifiée ?

Depuis plusieurs années, je suis modérateur sur plusieurs sites d’esthéticien(ne)s.

Je dois avouer qu’au début j’ai été absolument sidéré de lire certaines publications et de voir le niveau lamentable de certaines réponses. Nous n’avons pas la réputation d’être de gros intellos et très souvent, quand je dis que je suis esthéticien, je vois un sourire se dessiner sur le visage de mon interlocuteur. Comme on dit dans le Sud, la traduction de ce sourire est souvent « ben celui-là, il doit être bien brave » !

Un ami dermatologue (dont l’épouse était esthéticienne) me disait souvent : « quand une cliente commence à me dire : mon esthéticienne m’a conseillé …, je crains le pire ». Un autre dermatologue m’avait dit : « je préfère former mes assistantes plutôt que d’embaucher une esthéticienne, je sais au moins qu’elle ne fera pas trop de conneries ».

Très souvent, derrière mon écran d’ordinateur je me suis écrié : « mais c’est pas vrai… » ou parfois « mais quelle conne ! ». Et très souvent j’allais voir le profil de la personne qui, hors contexte, m’aurait semblé avoir un cerveau un peu plus développé que celui d’un concombre oublié au fond du réfrigérateur !

J’ai donc essayé de comprendre pourquoi notre profession a cette triste réputation et ce qui peut le justifier.  Et aussi comment faire changer les choses ?

Je lis des dizaines de publications par jour, souvent les mêmes qui reviennent cycliquement. On a plusieurs fois par jour : « vous avez vu ma french comme elle est réussie ? » ou « qu’est ce que vous pensez de mon Baby Boomer ? », plusieurs fois par semaines c’est « j’ai épilé mon copain et il a plein de boutons » et, presque aussi régulièrement « quand je masse je récupère toutes les mauvaises énergies des clientes, comment faites-vous pour ne plus avoir ce problème ? ». Sans parler des problèmes de rehaussement, allongement, teinture des cils ni des rendez-vous non honorés…

Et comme je suis dans un jour de bonté extrême, je ne vais pas vous donner les réponses qui feraient immédiatement étouffer de rire une infirmière, mourir d’une crise cardiaque un médecin et se suicider sur le champ un professeur responsable.

Alors où est le problème ?

La profession d’esthéticien(ne) a très longtemps été réservée à celles et ceux qui étaient en difficulté scolaire. Quand on avait loupé son brevet ou que visiblement on avait atteint le sommet de nos capacités, il nous était conseillé esthétique, coiffure ou aide puéricultrice. Un client qui s’occupe d’orientation en collège me dit que ça n’a pas beaucoup changé. On a donc adapté l’enseignement à ce niveau et il faut reconnaitre que quarante ou cinquante ans après on est toujours au même niveau. La profession est toujours régie par la loi de 1962 ! On voit donc le dynamisme qu’ont mis les enseignants et les syndicats à faire bouger les choses. On se trouve ainsi devant un double problème : le niveau des examens est très médiocre et plus du tout adapté aux techniques et produits actuels, et pour les personnes qui se forment par le biais de l’apprentissage ou de l’alternance elles sont formées par des personnes qui trop souvent ont un niveau trop bas pour les faire avancer. On en est d’ailleurs arrivé à ce que les enseignants expliquent aux élèves que ce qu’on apprend dans les écoles c’est « une technique CAP » mais que ça n’a rien à voir avec ce qu’elles feront dans l’institut !

 Et puis, pour les écoles et les centres de formation, c’est se garantir un certain confort. Ils n’ont ainsi pas besoin de chercher à revoir les cours ni à se remettre en question. Une directrice d’école qui avait fait appel à moi pour assurer des formations me proposait de dispenser une formation de podoréflexologie et réflexologie palmaire en 16 heures... Quand je lui ai répondu que pour les kinés qui ont quand même des bases plus solides il fallait au moins 40 heures, elle m’a répondu « mais elles n’y comprennent rien ! Vous leur distribuez les planches avec les points, vous les occupez un peu en pratique et elles seront ravies ! ». Et c’est comme cela qu’ensuite on a des filles et des garçons qui, en toute bonne foi et parce qu’elles ont suivi une formation, se considèrent comme de vraies professionnelles. Combien parmi celles qui font du massage ont entendu parler de chaînes musculaires et aponévrotiques ? Combien savent ce qu’est une lemniscate ? Combien ont la moindre notion de posturologie…. ? C’en est désespérant. On lit régulièrement « depuis que j’ai fait ma formation de posturologie, je ne prends plus les mauvaises ondes de la clientèle ». Mais oui, ce qu’on appelait « les mauvaises ondes » n’était que le résultat de la crispation due à une mauvaise position et un bon positionnement a fait disparaître ces crispations ! On parle du massage comme on en parlait il y a un siècle : magnétisme, ondes, fluides… On occulte les remarquables avancées de Mézières, Still, Struiff Denys, Wodder, Gerda Alexander, Elisabeth Dicke et tant d’autres. Et puis il est plus facile d’enseigner « un protocole » comme c’est souvent présenté (c’est-à-dire un mode d’emploi) que d’expliquer le pourquoi et le comment de chaque manœuvre. Je vois très régulièrement proposer (en 16 heures puisque c’est la norme en formation)  l’apprentissage du massage Suédois ! On se moque vraiment de nous et je me dis parfois que celles et ceux qui proposent ça ne se rendent même pas compte, par manque de formation eux-mêmes que c’est complètement débile.

Et les sommets sont souvent atteints lors des discussions sur l’épilation ! Une épilation, c’est à la base des poils qu’on arrache donc un micro traumatisme cutané qu’il faut gérer. Lorsqu’on voit les solutions proposées avec en conclusion « et puis, tout compte fait, à chacun sa méthode », il y a vraiment de quoi se poser des questions. Entre celles qui désinfectent au talc et celles qui considèrent que si les hommes épilés ont plus de boutons c’est parce que tout le monde sait que les hommes sont sales,  il y a toute une gamme de déclinaisons possibles et toutes aussi surréalistes les unes que les autres. Nous en sommes au point où il a fallu créer des modules de formation professionnelle en épilation ! Les filles qui en sortent sont émerveillées, apprennent plein de choses, comprennent ce qu’elles font…mais merde !!! Pardonnez-moi cet écart de langage, mais l’épilation n’est-elle pas la base du métier avec les soins de peau ? Oui, à le voir ainsi, on est vraiment tombé très bas.

Mais y a-t-il une solution ?

Cela confirme bien que dans chaque domaine de l’esthétique il y a un vrai problème fondamental de formation. Il faudrait tout reprendre en main : les programmes non adaptés, les formations assurées par des personnes souvent dépassées ou malheureusement peu compétentes, les référentiels qui sont déconnectés de la réalité de terrain et des besoins actuels…. Je pense qu’il serait difficile d’obtenir, sans une réforme des études, que les écoles cherchent à se réformer seule. Et que faire des enseignants incompétents ?  On ne peut pas non plus vérifier que chaque esthéticienne qui prend un contrat de qualification ou une apprentie soit au niveau ! Avec l’ancienneté, toute professionnelle de l’esthétique est supposée le devenir et ne doute généralement pas une seconde qu’elle l’est ! Il y a un gros travail qui s’offre aux syndicats et aux revues professionnel(le)s qui devraient oublier les publi-reportages pour laisser davantage de priorité aux informations plus sérieuses … mais moins lucratives.

Hélas, en haut lieu, là où on pourrait peut-être faire évoluer un peu les choses, je crains que tout le monde ne s’en contre-fiche. Nous restons pour eux l’image de la futilité, du superficiel, du bling-bling et de l’inutilité complète. Si ce ne sont pas les professionnel(le)s qui se prennent en main, la bataille n’est pas gagnée et, à lire ce que je lis chaque jour, la prise de conscience ne touche malheureusement qu’une minorité d’entre nous.

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 17:47

J’ai eu l'honneur de suivre, pendant deux ans, les cours d’acupuncture que donnait le Docteur Jean François Borsarello à Lyon. J’y ai obtenu mon diplôme en 1972. J’ai, dans le même temps suivi les formations des docteurs Paul Nogier et  Henri Jarricot. Quelle chance j’ai eu de rencontrer et de suivre ces trois grands précurseurs.

Tous insistaient sur la grande différence qu’il existait entre un traitement dit « de terrain » et un traitement dit « de brindille ». L’un soignait, l’autre colmatait. En médecine allopathique, c’est un peu comme si on parlait de traitement de fond et de traitement de symptôme. Une personne a mal à la tête: elle prend de l’aspirine,  et ça peut être suffisant pour la soulager, pas pour la soigner.

Depuis cette époque, de l’eau est passée sous les ponts. On vit dans un siècle d’information permanente, de rapidité …on n’approfondit plus : on n’a plus le temps.

Les formations actuelles en esthétique et en bien être sont souvent rapides, trop rapides, parfois même bâclées. Je vois régulièrement des formations en podo-réflexologie en 16 heures, des formations en drainage lymphatique en 20 heures et cela sans aucun diplôme de base requis. En tant que kiné, ma formation en podo-réflexologie s’est déroulée sur 72 heures  et ma formation en drainage lymphatique sur 100 heures ! On passe donc du terrain à la brindille.

On n’apprend plus une méthode mais un protocole. On voit régulièrement des personnes demander sur les forums : « je n’ai plus le protocole du massage truc ou machin, est-ce que quelqu’un peut me le passer, je l’ai oublié ». On n’apprend plus le « pourquoi » du soin mais le « comment ».

Et quand on demande à une personne pourquoi elle fait de telle ou telle manière, on a toujours la même réponse : « parce que c’est comme ça que j’ai toujours fait ! ». C’est ainsi qu’on voit perdurer des erreurs de logique dans de nombreux soins, y compris les plus basiques comme l'épilation. En plus, quand les moniteurs de stage ou les formateurs transmettent une erreur, ça peut se perpétrer sur des générations ! Et le fait est que, sur les forums, on voit revenir souvent les mêmes questions avec les mêmes réponses totalement  incorrectes de personnes qui se vexent si on a le malheur de leur faire remarquer leur erreur.

J’ai vraiment l’impression qu’on est passé, en tout, du « terrain » à « la brindille »  et ce qui me semble le plus inquiétant c’est qu’il risque bientôt de ne plus avoir de personnes formées suffisamment pour enseigner en profondeur et correctement les soins que nous pratiquons ou recevons chaque jour dans le domaine du bien être et de la beauté.

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 20:53

 

Depuis plusieurs années, je suis modérateur sur plusieurs forums d’esthéticiennes. Je vois donc chaque jour quelles sont leurs souhaits, leurs rêves, leurs ambitions…mais également leurs problèmes. Je vais employer le mot « esthéticienne » systématiquement et par facilité parce que dans la profession, nous, les hommes, ne représentons pas plus de 1% du groupe !

En réalité, le monde de l’esthétique recoupe plusieurs sphères différentes dont les intérêts sont parfois complémentaires mais aussi souvent opposés. On y trouve les professionnelles qui sont soit salariées, soit indépendantes ; les fabricants de matériels esthétiques et de produits ; les écoles, les centres de formation ; les syndicats ; la presse professionnelle ou généraliste ; la clientèle et les satellites qui aident les esthéticiennes ou qui essayent tant bien que mal de se faire de l’argent sur le dos des uns ou des autres.

Commençons par la presse.

La presse généraliste utilise souvent l’esthétique comme bouche-trou. On ne sait pas quoi raconter alors on retrouve ce que les journalistes appellent les « marronniers » : mincir avant l’été, la franc maçonnerie au sein du pouvoir, le lobby gay, les vaccinations… autant de sujet récurrents.

On y présente l’esthétique sous un jour idyllique. L’esthéticienne qui fait un soin du visage à une dame souriante et détendue ou alors une cliente en massage, proche du Nirvana. Il y a làde quoi tenter la jeune fille qui ne peut que rêver devant cette profession ou tout n’est que beauté et senteurs de rêve. En réalité, si elle venait s’immerger une semaine dans un institut, elle verrait très vite qu’on passe une grande partie de notre temps à arracher des poils, à faire le ménage, et pour celles qui ont une clientèle de massage à se casser le dos.

La presse professionnelle est fortement dépendante des publicités : ce n’est donc pas sur elle qu’il faut compter si on veut avoir des informations objectives sur tel ou tel produit, sur un nouvel appareil ou sur une méthode. Souvent, les articles qu’on y trouve sont des publi-reportages qui manquent complètement d’objectivité.

Regardons ce qui se passe du côté des fabricants.

Eux, ils ont un seul but : s’enrichir… et c’est tout à fait normal. On ne va quand même pas leur reprocher d’essayer de bien gagner leur vie ! Donc ils vont sans cesse chercher à créer le produit nouveau ou l’appareil miraculeux.

Quand ils auront cette nouveauté il leur faudra convaincre l’esthéticienne qu’avec ce produit ou cet appareil elle obtiendra des miracles, qu’elle augmentera sa clientèle, avec de nouvelles possibilités de ressources et l’affaire est entendue.

Et si on ne trouve pas de nouveauté, on va ressortir l’appareil ou le produit qui avait été lancé vingt ans plus tôt, en se disant que très peu d’esthéticiennes durent aussi longtemps et qu’on pourra piéger la nouvelle génération. Il est évident qu’il n’y a aucune raison que ce qui ne marchait pas il y a vingt ans marche mieux aujourd’hui, mais en attendant que ça se sache on peut caser son stock.

Etant dans la profession depuis un demi-siècle, j’ai régulièrement vu revenir les mêmes appareils et les mêmes produits sous un nouveau packaging. Il y a aussi ce qui fut un temps l’appareil « miracle » des kinés, qui ne se vend plus chez eux et qu’on propose (avec un look plus féminin) aux esthéticiennes. On se garde bien de leur expliquer pourquoi les kinés y ont renoncé !

Les écoles.

La plupart des écoles et des centres de formation sont privés, donc a but lucratif. Ce n’est donc pas de ce coté qu’il faut non plus chercher une information objective. Je n’ai jamais entendu une directrice d’école expliquer à une maman qui vient inscrire sa fille (et qui payera dans les 6000 euros) : « Vous savez madame, on forme en France entre 18000 et 20000 esthéticiennes par an et le marché n’offre que 3500 nouveaux postes. A un horizon de 10 ans, il y a 80% des diplômées qui ont dû changer de métier. Moi, ce serait ma fille, je lui conseillerais immédiatement une formation de technicienne de surface ».

En plus, la gamine rêve depuis des mois « de maquiller des stars » ! On ne va quand même pas la décevoir ni lui expliquer que, malgré toutes les émissions de téléréalité, des stars, il n’en sort pas des milliers par an !

On voit donc sur nos forums des personnes qui, après des années de travail n’arrivent pas à se dégager le montant d’un SMIC, et que la durée de vie d’un institut n’est souvent que de 3 ou 4ans.

Les syndicats.

Il y a principalement 2 syndicats : un qui regroupe les esthéticiennes et l’autre qui regroupe « le monde le l’esthétique ».

Dans le second on a les écoles, les fabricants, les commerciaux… donc des personnes qui n’ont pas les mêmes préoccupations que l’esthéticienne de base. Ils ne sont pas opposés par exemple à un énorme retour en arrière de la profession : le diplôme de marque. Quand j’étais jeune, on pouvait ouvrir un institut avec une formation (souvent de 10 jours maximum) au sein d’une marque. De nos jours, la CNAIB a fait changer les choses et il faut désormais un CAP d’esthétique pour ouvrir. Mais de grandes marques ont détourné cette loi en inventant de nouveaux métiers improbables en formant des personnes sur un appareil spécifique ou avec des produits particuliers. On peut ainsi être « endermologue » et pratiquer des soins amincissants sans aucun diplôme reconnu. On peut également ouvrir un « bar à ongle », un « bar à sourcils », un « centre du sourire » ou même un centre d’épilation avec appareil sans aucun diplôme reconnu. Les esthéticiennes sont donc confrontées à une concurrence directe sans avoir la possibilité de réagir. Elles ont fait des mois d’étude pour rien, la loi est régulièrement détournée.

Et je ne parle pas des centres de bien-être et de massages qui mériteraient un livre à eux seuls !

Je pense, mais cela n’engage que moi, que la CNAIB s’est aussi parfois trompé de buts et de cibles. Quand je reçois les formations proposées, j’ai l’impression d’assister à une fuite en avant alors qu’il faudrait parfois revenir aux fondamentaux.

Les esthéticiennes s’installent trop souvent sans aucune base sérieuse en comptabilité. Elles ne savent pas tenir un carnet recette-dépense et confondent le chiffre d’affaire avec le bénéfice. Elles s’inscrivent en auto-entrepreneur alors que c’est très souvent la pire des solutions. Quant au niveau pratique, on leur propose par exemple une cinquantaine de massages différents alors que la grande majorité d’entre elles (et malheureusement des formateurs aussi) ignore les bases de l’anatomie, ce qu’est un réflexe, un arc réflexe, une chaîne ostéopathique, une chaîne musculo-aponévrotique… On dissimule alors ces lacunes derrière des mots ouatés qui font rêver : le fluide, l’énergie, le magnétisme … on revient au XVIIIe siècle pour ne pas dire au Moyen Âge !

On voit également de nombreuses professionnelles qui font des erreurs grossières même dans la simple pratique de l’épilation : il s’agit pourtant là d’une base fondamentale du métier et pourtant, des formations seraient très souvent plus que nécessaires en ce domaine.

Les esthéticiennes.

Elles sont l’élément central de la profession, à la fois actrices et victimes.

Oui, victimes du contexte médiatique, des commerciaux, de la mode…autant de pressions qui les poussent parfois à se laisser embarquer dans une aventure que très rapidement elles ne maitrisent plus et les mène au désastre.

Elles achètent ainsi très cher des appareils qui ne donnent pas les résultats escomptés. Elles se retrouvent avec des stocks de produits, parce que la marque exige l’achat d’une certaine quantité pour une « ouverture de compte », sans parvenir ensuite à les écouler. Elles suivent également des formations bidon qui ne leur apportent rien au niveau clientèle.

Lorsqu’on s’installe, on est pris dans un tourbillon, entre ce qu’on voit dans la presse, au Congrès, à la télé… ce qui nous est demandé par la clientèle qui passe son temps sur internet, ce qui nous est proposé par les commerciaux. Il est difficile de rester les pieds sur terre et, quand on décolle, il faut tenir et rester vigilant sous peine de très vite retomber et s’écraser ! C’est malheureusement ce qui arrive très régulièrement dans la profession, avec une conséquence inattendue qui est aujourd’hui la difficulté pour une esthéticienne d’obtenir par exemple un prêt bancaire.

 

Les satellites.

Et oui, la profession compte aussi ses satellites ! Certains sont positifs, d’autres le sont moins.

Comme il existe des satellites qui nous aident à mieux vivre, nous avons dans la profession des sociétés qui nous apportent une aide. C’est par exemple la société UDEF dont le but est de regrouper un maximum d’esthéticiennes pour obtenir des remises chez les commerçants, les fabricants et même les centres de loisir. Il s’agit d’une centrale d’achat pour professionnelles de la beauté. Les personnes qui en font partie réalisent vite ce qu’elles peuvent en tirer comme bénéfices et il y a fort à parier que les boites seront de plus en plus nombreuses à chercher à devenir partenaires.

Nous connaissons tous également les satellites-espions, dont la vocation est moins sympathique à nos yeux. Nous en avons pourtant dans la profession !

Parmi les plus connus d’entre eux, je citerai le groupe « Groupons ». Celui-ci permet à l’esthéticienne de se faire connaitre grâce à une publicité importante, mais en bradant son savoir-faire par une prestation à bas prix. En effet, elle travaille ainsi souvent presque à perte car la clientèle « Groupons» ne se fidélise que très peu. Elle recherche avant tout la bonne affaire avec un prix attractif, et partira très vite sur la nouvelle offre qui lui semblera attirante. Par exemple, un massage à 70 euros proposé sur « Groupons » à 35 euros ne rapportera que moins de 30 euros à l’esthéticienne. A ce prix, il n’est pas évident qu’elle couvre ses frais et elle risque ensuite de se retrouver face à une demande de personnes qui la considéreront comme une voleuse le jour où elle demandera le juste prix.

Il y a encore tous ces annuaires totalement inutiles qui tentent de séduire les esthéticiennes en leur proposant, contre monnaie sonnante et trébuchante, de figurer en bonne place dans un annuaire parfaitement inconnu et que personne ne consulte jamais !

 

Bilan.

Le résultat de tout cela est qu’il est très difficile de s’y retrouver et d’y voir clair ! Il faut bien convenir que ce n’est pas toujours, hélas, du gagnant-gagnant. Le syndicat des professionnels a tout intérêt à maintenir un flou plus ou moins artistique sur les réglementations et de nombreuses professionnelles s’y laissent prendre. Les écoles n’ont pas davantage intérêt à jouer le jeu de la franchise non plus. La presse, quant à elle, est plus ou moins muselée. Les syndicats bénéficient d’aides de la presse et des fabricants donc ils n’ont pas les coudées franches. C’est un gros panier de crabe dans lequel l’esthéticienne sert d’appât ! Et elle n’a trop souvent ni la formation ni les connaissances suffisantes pour se défendre.

 

Alors que faire ?

Je pense qu’il faudrait déjà imposer aux esthéticiennes qui vont s’installer une formation d’un niveau plus élevé. On peut être un excellent professionnel sans être capable de gestion et, dans ce cas, on court directement au casse-pipe !

On peut avoir une main de fée et se laisser berner sur les possibilités de résultats de tel ou tel appareil. On peut avoir un toucher en or sans pour autant ignorer les bases scientifiques et techniques des soins que l’on prodigue. On lit très régulièrement sur les forums « mais les dermatos, qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous ? » et j’ai souvent envie de répondre (mais je me ferais insulter) « Juste 8 ou 10 ans d’études ! ». Sans en arriver là, il serait bon que la formation professionnelle évolue et n’en reste pas au niveau où elle en est actuellement.

Il faudrait une législation plus rigoureuse et, avant d’essayer d’obtenir telle ou telle compétence nouvelle, sécuriser celles qui nous sont retirées régulièrement.

Je suis persuadé qu’on devrait laisser plus librement s’exprimer dans la presse professionnelle des personnes qui ne caressent pas les financeurs dans le sens du poil ! Il n’y a que dans la presse et les revues papier glacé que l’on est dans le monde de Bisounours : la réalité nous remet vite les pieds sur terre.

Je me souviens, après la sortie d’un nouvel appareil, avoir proposé un article qui expliquait pourquoi il ne pouvait pas fonctionner. Cet article avait été refusé pour ne pas faire peur aux autres qui faisaient de la pub sur la revue. Je suis passé dans l’émission télévisée E=M6 où j’ai donc expliqué l’escroquerie. J’ai reçu nombre de menaces à la fois de la part de vendeurs et d’esthéticiennes qui avaient déjà acheté ce matériel et, même pas 6 mois après, il était retiré du commerce ! Un regard un peu plus critique de la part des professionnelles de l’esthétique aurait pu leur éviter ce piège et ses conséquences financières.

Il faudrait informer les esthéticiennes des embuscades dans lesquelles elles risquent de tomber. Il y a les arnaques que l’on connait tous et, sur les forums, quand une esthéticienne vient demander de l’aide, les autres la mettent vite au courant mais cela n’empêche pas très régulièrement d’autres de tomber dans le panneau. Et puis il y a les arnaques plus subtiles. Je me souviens d’une maison, aujourd’hui disparue, dont standardistes jouaient les commerciales forcenées. Lorsqu’on les appelait pour prendre des renseignements sur un appareil, elles ne cessaient ensuite de téléphoner à l’institut en se faisant passer pour des clientes souhaitant un soin nécessitant d’avoir le dit appareil. Quand l’esthéticienne avait refusé plusieurs soins parce qu’elle n’avait pas cet appareil, elle craquait et l’achetait et, du jour au lendemain, il n’y avait plus aucun appel ni aucune demande de rendez-vous. J’avais alors dit à mes élèves et stagiaires : « Dites que vous an avez un d’occasion qui va arriver la semaine suivante » et cela fonctionnait : plus d’appels !

Partager cet article
Repost0
3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 12:49

Depuis plus de deux ans, je traîne sur les forums d’esthétique de Facebook. A la fois en tant que vieux professionnel que je suis et en tant qu’ancien professeur, je suis très souvent sidéré par ce que j’y lis.

Notre profession, comme beaucoup de métiers de l’artisanat, demande une grande part de créativité, d’invention, d’innovation. Mais elle demande aussi un respect rigoureux de certaines règles liées à l’hygiène de base, à l’anatomie de l’être humain, aux pathologies parfois rencontrées.

On doit donc sans cesse se renouveler, être à la pointe de la mode, offrir la beauté et le bien être à la clientèle mais on doit aussi ne jamais oublier qu’on travaille sur la peau, la circulation et les muscles de la personne et qu’il y a des règles à respecter. Un maçon qui construirait la plus belle maison qui soit sur du sable mouvant verrait très vite l’édifice disparaitre. Une esthéticienne qui fait des ongles sans respect de l’hygiène élémentaire voit tout aussi rapidement son œuvre bouffée par une mycose ou une bactérie et quand elle fait du celluM6 sur une peau relâchée elle ne peut s’attendre qu’à une catastrophe.

On n’apprend pas aux élèves la physiologie, l’anatomie, la pathologie et le respect de l’hygiène juste pour les embêter mais dans notre profession c’est souvent la base de la réussite de notre travail. On voit très souvent des épilations faites « à l’arrache », sans désinfection de la peau avant et après l’épilation ce qui a très souvent pour conséquence la formation de poils sous peau, de boutons, de réactions cutanées excessives. Et quand je lis des publications qui disent « quand j’épile des hommes, ils ont presque toujours des boutons » et que la réponse donnée est : « c’est normal parce qu’il est certain que les hommes sont moins propres que les femmes ! » ça me fait bondir. J’épile des hommes depuis presque un demi-siècle et les boutons ne sont heureusement qu’accidentels et non une généralité et mes clients ne sont pas plus sales que mes clientes ! Mais quand j’épile, je suis le protocole enseigné et évite de faire n’importe quoi comme je le vois trop souvent. Un nouveau client me disait dernièrement : « à quoi ça sert tout ce tralala ? Moi, où j’allais, elle me mettait la cire et arrachait mes poils. Elle ne m’a jamais fait autre chose ». Donc la personne n’était pas désinfectée, pas talquée, aucun produit post épilation… Quand il est revenu le mois suivant il m’a dit « c’est la première fois que je n’ai pas de boutons après l’épilation ». Il a compris à quoi servait tout ce « tralala » …. Et je ne parle pas de celles « qui désinfectent au talc ! »

On peut changer les cires, leur texture, leur parfum, les produits post-épilation….mais, tout de même, avant le « rituel » il faut penser aux fondamentaux.

Il en est de même pour le massage. Les cours d’anatomie ne sont pas donnés pour occuper le temps et justifier les années d’étude ! Il faut savoir sur quoi on travaille, à quel niveau de profondeur se situent la circulation lymphatique, la circulation veineuse, l’aponévrose, le muscle… La circulation lymphatique et la circulation veineuse ne sont ni au même niveau ni dans les mêmes directions donc dire qu’on fait en même temps les deux (comme par exemple quand on utilise un appareil de pressothérapie), est un contresens anatomique et physiologique. Les deux n’ont pas la même fonction physiologique et même s’il est évident que travailler sur l’une a une action indirecte sur l’autre, ce n’est pas du tout la même chose.

Je me suis amusé, avec l’aide des participantes au forum, à compter le nombre de massages différents proposés dans les instituts : on dépassait la cinquantaine ! Souvent, ces « rituels » sont enseignés sur un week-end et ne se différencient des autres que par l’huile utilisée, le parfum d’ambiance dans la pièce et la musique d’accompagnement. Quoi qu’on fasse, on a un corps sous les mains, un but à atteindre et deux mains pour le faire. En partant de ces bases, on peut broder, gesticuler, masser sur table ou au sol, se mettre un paréo ou un tutu…. Mais si on ne connait pas l’anatomie, la physiologie, la mécanique du mouvement, les chaînes musculaires et aponévrotiques, on restera malheureusement trop souvent dans la médiocrité. N’importe qui est capable de masser dans la mesure où on aime toucher les gens et, de plus, les clients et clientes qui viennent aiment tous être touchés. Mais si on en reste là, pourquoi aller chez un soit disant professionnel ? Bon, disons qu’avec le temps, l’habitude, tout le monde s’améliore mais il est quand même préférable de savoir ce qu’on fait, pourquoi on le fait, sur quel organe on travaille et les résultats qu’on peut espérer obtenir.

Il y a tout un vocabulaire qui cache souvent l’incapacité de la personne qui masse à expliquer ce qu’elle fait : quand on ne sait plus quoi dire on parle de fluides, d’énergie, de magnétisme…. C’était encore recevable il y a un demi-siècle mais maintenant on en sait assez pour donner des explications sérieuses et ne pas en rester au niveau de Diafoirus dans le « malade imaginaire » de Molière !

Des amis enseignants m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas sortir de ces approximations parce que les études d’esthétique ne permettaient pas de comprendre tout ça. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. Ou on admet que les études ne sont pas assez poussées en anatomie, physiologie….et on en reste aux massages de base, soit on essaye de progresser en approfondissant et en élevant le niveau des formations ! Il est évident qu’enseigner le drainage lymphatique à un kiné qui a fait quatre ans d’études après le bac n’est pas la même chose que d’enseigner le drainage lymphatique esthétique à une esthéticienne….surtout quand il faut que ce soit fait en 16 heures comme on me l’a demandé alors que je le faisais en 40 heures aux kinés. Mais qu’on précise bien alors à l’esthéticienne les limites de sa prestation et ce qu’elle peut en attendre !

Les techniques, les connaissances, les soins ont beaucoup évolués en trente ans, on a l’impression que l’enseignement n’a pas suivi. Il serait temps de relever les manches et de s’y mettre ! Un ou une élève qui sort d’une école devrait avoir des bases solides qui lui permettraient de laisser libre court à sa créativité sans risquer de se décrédibiliser aux yeux de la clientèle en faisant des erreurs grossières et débitant au mieux des platitudes, au pire des idioties. La clientèle qui, grâce à internet, peut avoir accès à des informations nombreuses et de plus en plus souvent fournies par de vrai(e)s professionnel(le)s voit très vite à qui elle a à faire.

Le « rituel » est une excellente chose pour un institut et lui permettre de se démarquer des autres, il permet à l’esthéticien(ne) de laisser libre cours à sa créativité et de mieux laisser s’exprimer sa personnalité mais il ne doit pas être un moyen pour cacher des failles professionnelles souvent dramatiques et une méconnaissance ou un oubli des bases de la profession.

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:23
Au revoir Michèle...

Lorsque je suis arrivé à Marseille, j’ai eu la grande chance de rencontrer une personne pour moi exceptionnelle : enfin elle était la bonne personne au bon endroit au bon moment. C’est Madame Michèle Lopez-Capel.

J’étais Marseillais depuis à peine deux semaines quand elle m’a appelé pour que je m’occupe du fils d’une amie à elle. Elle m’avait été adressée par un confrère et ami qui ne pratiquait pas les soins de kinésithérapie à domicile.

Et quand elle est venue m’apporter l’ordonnance au cabinet elle a été surprise de voir sur ma plaque : « Masseur kinésithérapeute D.E. et Esthéticien cosméticien diplômé ».

Elle m’a demandé ce qu’était un kinési esthéticien et je lui ai expliqué que j’avais en réalité les deux diplômes donc les deux casquettes.

Elle s’est alors présentée : elle était directrice de l’Ecole d’Esthétique Jeanne Michaud et, après une petite heure de discussion elle me proposait de venir donner des cours dans son école.

Aussitôt dit, aussitôt fait et j’ai donc, grâce à elle, enseigné une vingtaine d’années l’anatomie, la biologie, l’éducation familiale et sociale aux élèves et assuré les formations en soin du corps, massage relaxant et drainage lymphatique manuel esthétique.

Cette rencontre a aussi été riche en échanges avec une personne cultivée, sensible et extrêmement respectueuse de l’interlocuteur.

C’est grâce à ce poste que j’ai pu rencontrer des personnes que je n’aurais certainement jamais côtoyées en restant dans mon cabinet-institut.

J’ai ainsi pu devenir le masseur puis l’ami de Lydia, une vieille danseuse qui avait dansé devant le roi Farouk d’Egypte, Batista à Cuba… et tout un tas d’autres personnes dans le monde entier. Elle était la fille de Saravia dont le sommet de la gloire avait été de danser, puis qu’elle aussi était danseuse, devant le Tsar Nicolas II. Elle avait aussi été la maitresse d’Henri Barbusse ….mais ça c’est une autre histoire !

C’est Lydia qui m’a présenté son grand ami Maurice Béjart que j’ai eu l’honneur de rencontrer à plusieurs reprises. C’était un homme exceptionnel, impressionnant, profond et chaleureux.

Par l’intermédiaire de Michèle, j’ai pu participer à différents stages et formations dont un inoubliable avec Serges Alvarez en Grèce. C’était un maquilleur hors pair qui avait un amour des produits et des instruments qu’il utilisait : c’était un vrai pro, un artiste.

C’est aussi elle qui m’a fait rencontrer Humbert Pierrantoni, fondateur du journal « les Nouvelles Esthétiques », journal dans lequel j’ai publié plusieurs fois. Ce monsieur était débordant de gentillesse et, quand on se retrouvait avec lui dans ses locaux, il ouvrait un tiroir de son bureau et nous proposait du chocolat ! Comme j’étais aussi gourmand que lui, on s’entendait bien. Il a eu aussi la gentillesse de me convier au Congrès annuel de son journal.

Nous avons écrit avec Michèle un livre sur la cellulite qui m’a ouvert aussi les portes de plusieurs congrès professionnels, autant médicaux qu’esthétiques et qui m’a aussi permis de participer en tant qu’expert à des émissions de télé. Je me souviens entre autres de E=M6, émission pendant laquelle j’avais pu dire tout le mal que je pensais d’un appareil « miracle » qui devait résoudre (comme les dizaines qui ont suivis) le problème de la cellulite et faire maigrir sans chirurgie ni régime. Pendant un mois j’ai été harcelé au téléphone par les représentants, acheteurs….qui me menaçaient rien que moins de faire disparaitre mon institut et me couler de telle façon que je n’oserai même plus essayer de me relancer ! Il y a bien 20 ans de ça, je suis toujours là, eux ils n’y sont plus.

C’est grâce à Michèle que j’ai aussi connu des centaines d’élèves. Certaine géniales, d’autres gentilles, d’autres que j’ai préféré vite oublier. Mais je pense qu’il en est de même pour tous les profs.

L’école Michaud a fermé en juin dernier. Elle avait tenu plus d’un demi-siècle, c’était une institution. Pendant que j’y ai travaillé, nous n’avons jamais eu moins de 90% de réussite au CAP. Il faut dire que Michèle était très stricte et qu’on ne lâchait pas tant qu’une fille n’y arrivait pas. Ce qui m’avait aussi surpris lorsque j’y suis rentré c’est la rigueur au niveau de la politesse : on se serait cru dans une institution religieuse, tout juste si les élèves ne faisaient pas la génuflexion en nous saluant. Je me suis vite rendu compte que c’était nécessaire pour donner les bases d’éducations à certaines et surtout pour assurer à toutes un avenir professionnel : la vulgarité est encore plus choquante quand on travaille dans le monde de l’esthétique.

Michèle nous a quittés il y a quelques jours. Elle avait tenu, malgré la maladie qui l’a emportée, l’école jusqu’au bout. Sa rigueur qu’elle s’imposait, qu’elle imposait aux élèves, elle l’imposait aussi aux profs ce qui était parfois à la limite du pénible à supporter mais on ne pouvait lui en vouloir, la réussite était à ce prix. Son départ me peine beaucoup non seulement parce qu’elle marque la fin d’une coopération professionnelle mais aussi parce que c’est la fin d’une amitié mâtinée de tendresse.

Je tiens à remercier Michèle pour tout ce qu’elle a apporté au monde de l’esthétique en étant plus de trente-cinq ans à la tête de l’école Jeanne Michaud mais aussi pour tout ce qu’elle m’a apporté personnellement : sans notre rencontre, ces vingt-sept dernières années n’auraient pas été pour moi aussi riches en rencontres, en instants de bonheur et surtout ma vie professionnelle n’aurait pas été aussi pleine et intéressante.

PS: sur la photo: Lydia, Maurice et ma plus jeune fille lors d'une soirée.

https://www.youtube.com/watch?v=dNwP2lJKDh8

Partager cet article
Repost0
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 17:11
Forum esthétique

Je participe depuis plusieurs semaines à un forum ouvert aux esthéticiennes. Jusqu’à présent je n’y ai croisé que des personnes sympathiques qui n’éprouvent pas, comme c’est souvent le cas sur internet, le besoin d’agresser ou d’insulter les personnes qui ne partagent pas leur avis. Cette façon de communiquer facilite les échanges constructifs.

En revanche, ce qui me navre, c’est de voir à quel point certaines consœurs ne sont pas préparées à pratiquer ce métier.

Elles ont reçu l’enseignement de la pratique des soins esthétiques, parfois visiblement pas ou mal assimilé le contenu théorique mais à l’évidence les études ne semblent pas donner assez d’importance d’une part à la gestion et à d’autre part au manque d’esprit critique.

Pour ce qui est de la gestion, on voit vite que de nombreuses prestations sont tarifées au pifomètre ! Les consœurs prennent tant, je vais prendre un peu moins pour être plus compétitive… Ce raisonnement frôle l’absurde quand les consœurs ont eu le même raisonnement avant nous vis-à-vis des autres instituts et qu’on en arrive ainsi à bosser presque à perte ! Alors que reste-t-il comme solutions pour rester compétitif? Certaines ne respectent plus les règles élémentaires d’hygiène et de sécurité, comme on le voit de plus en plus souvent avec les lampes UV qui ne sont pas changées aussi souvent que nécessaire et l’hygiène générale qui se gère à l’économie. D’autres bâclent la prestation, ce qui aura pour effet de faire fuir la clientèle. D’autres encore achètent des produits moins chers, ce qui reste possible dans certaines gammes (draps d’examen, cotons…) mais devient plus problématique quand il s’agit de cires à épiler, des prothèses ongulaires et produits cabines.

Pour ce qui est de l’absence d’esprit critique, je le remarque sur l’achat de certains appareils coûteux. Un manque de culture et d’historique de la profession pousse certaines consœurs à s’endetter au-delà du raisonnable pour des appareils qui, on le sait depuis des lustres, ne donnent pas, dans le temps, les résultats escomptés.

Je suis dans le métier depuis plus de quarante-cinq ans. J’ai vu régulièrement revenir des appareils qui, des années plus tôt, devaient révolutionner la profession, se sont vendus pendant deux ou trois ans jusqu’à ce que la jeune génération de professionnelles se rende compte que les résultats attendus n’étaient pas au rendez-vous. Ces appareils sont alors tombés dans l’oubli une dizaine d’années avant de revenir ensuite sur le devant de la scène pour piéger les jeunes qui sortent de l’école. On voit par exemple ressurgir du passé des appareils à ultra-sons supposés révolutionner les cures d’amincissement et soins anti-cellulitiques. Ils ne donnaient pas de résultats durables il y a trente ans, ils ne faisaient pas mieux il y a vingt ans et en sont toujours au même point d’inefficacité aujourd’hui. Malheureusement, les générations qui se sont fait avoir il y a trente ans ne sont souvent plus là pour mettre en garde les jeunes diplômées qui arrivent sur le marché, ce qui permet de les piéger à leur tour. Les professionnelles ne se demandent pas non plus pourquoi l’appareil miracle supposé les démarquer de la concurrence n’est plus utilisé par d’autres professions qui y ont eu accès bien avant elles et ont fini par laisser tomber faute de résultat et/ou de rentabilité. Enfin, le manque d’esprit critique ou de logique élémentaire se fait également ressentir aussi lorsqu’elles pensent avoir un résultat durable et spectaculaire sur tel ou tel problème esthétique avec un appareil à trois mille euros, alors que les dermatologues (pour ne citer qu’eux !) n’ont pas toujours les résultats escomptés avec des appareils souvent vingt fois plus onéreux ! A priori, les médecins n’étant pas tous débiles, c’est bien que le problème doit être ailleurs !

Il faut bien convenir que le monde de l’esthétique est avant tout un marché. Un marché porteur pour les fabricants de matériel et vendeurs de fournitures. Un marché porteur également pour les revues spécialisées. Un marché porteur aussi pour les écoles et toutes les personnes chargées de la formation continue. Les esthéticien(ne)s ne sont que le maillon qui permettra à tous ces gens de vivre. Les revues, financées par les fournisseurs, ne donneront jamais une information pouvant nuire aux intérêts des personnes qui financent leurs revues par la publicité. Les écoles ne peuvent pas non plus rester tout le temps très objectives, puisque pour une partie d’entre elles, elles bénéficient de tarifs très réduits sur les produits des marques utilisés pour la pratique. Quant aux formations, si elles n’étaient pas soutenues financièrement par les grandes (ou petites) marques, elles seraient difficiles à organiser, trop couteuses et donc lourdes à supporter par les professionnel(le)s. C’est un peu le système « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » !

Afin de permettre une plus grande vigilance, les professionnels de l’esthétique auraient grandement besoin d’une revue totalement indépendante, comme il en existe par exemple pour les médecins avec la revue « Prescrire ». Cependant, afin de pouvoir exister une telle revue nécessiterait un financement par un système d’abonnements. Hélas, un tel système de financement autonome et indépendant n’est pas envisageable tant que les esthéticien(ne)s manqueront d’esprit critique, seront globalement satisfait€s du système actuel et que l’esprit de la profession ne changera pas. Pour espérer une telle révolution dans la profession, il faudrait une véritable prise de conscience des enjeux qui est encore loin d’exister dans le milieu de l’esthétique.

La route me semble encore longue avant que la profession soit devenue adulte et puisse fonctionner sans ces tuteurs parasites que nous proposent aussi bien les marques que les fabricants, les écoles ou encore les centres de formation… Mais je suis un optimiste né et je ne désespère pas de voir émerger, un jour, une esthétique « adulte » et indépendante. Une esthétique responsable dans laquelle les esthéticien(ne)s proposeront un soin parce qu’il a une efficacité scientifiquement prouvée par des laboratoires indépendants des marques, et non plus un traitement « parce qu’il marche », « parce que c’est le meilleur », « parce qu’actuellement c’est le dernier sorti sur le marché » ou « parce que j’ai lu dans ma revue préférée que c’était un must » ou « je vous propose ce soin parce que vous le valez bien »… !

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 14:31
Petite histoire à peine imaginaire !
  • Bonjour monsieur, Vous avez rendez-vous ?
  • Oui, à dix heures.
  • Vous avez pensé à l’ordonnance ?
  • Oui et aussi à la carte vitale et à la mutuelle.

Et une fois les papiers remplis la charmante jeune dame me conduit dans une cabine.

  • Vous vous déshabillez et vous vous allongez sur le ventre.

Cinq minutes après, elle revient me mettre sous infra-rouges. Dix bonnes minutes se passent et elle entre avec une espèce de cataplasme. Je reste un quart d’heure ainsi, le temps que le cataplasme ne refroidisse et la charmante dame vient me brancher des électrodes de chaque côté de la colonne vertébrale. Après dix minutes que je trouve très longues puisque j’ai de plus en plus mal aux reins vu que la position en procubitus ne me va absolument pas elle vient me débrancher et me fixe un rendez-vous pour le surlendemain à la même heure.

C’est tout ?

  • Vous pensiez quoi ?
  • Ben que j’aurais un massage vu que c’est pour ça que le médecin m’adresse à vous.
  • On ne masse pas en phase hyperalgique et, en plus, le kiné n’est pas là en ce moment, il fait ses soins à domicile.

J’apprends donc, en une phrase que je suis en phase hyperalgique (alors que le médecin m’a bien dit de ne commencer les soins que quand les médicaments auraient fait effet et que j’aurai moins mal ce que j’ai fait) et que j’ai été « soigné » par la secrétaire !

J’ai eu droit à un massage de dix minutes maxi à la cinquième séance. Juste le temps de permettre au kiné de me dire qu’en comptant trois séances pour une faite, il pourrait me soulager bien plus rapidement en me faisant de l’ostéopathie et surtout en l’entendant se plaindre des faibles honoraires perçus en fonction du nombre d’années d’étude nécessaire pour obtenir son diplôme (BAC+4).

Vu que je n’étais pas en position pour être désagréable, je me suis retenu de lui dire que les quatre premières séances avaient été faites par sa secrétaire qui, elle, n’avait pas fait quatre ans d’études après le bac, ensuite qu’il était en train de me proposer de me faire une séance pour le prix de trois ce qui triplait quand même ses honoraires.

La kinésithérapie est en situation difficile. Les tarifs sont, comme ceux de nombreux médicaux ou paramédicaux, ridiculement bas : on trouve par exemple normal de payer trente Euros de déplacement à son plombier, de payer 100 Euros de l’heure son réparateur auto mais si le kiné vient chez vous il reçoit généreusement quatre Euros et, s’il respecte la nomenclature, il est à moins de quarante Euros de l’heure. Mais je me demande si c’est en agissant comme de nombreux kinés le font qu’on va améliorer la situation. Pourquoi la sécu augmenterait-elle des honoraires de soins qui peuvent être faits par une secrétaire ? Pourquoi la sécu augmenterait-elle des honoraires de soins alors qu’elle voit très bien qu’avec les tarifs actuels les kinés ne s’en sortent pas si mal que ça (les organismes n’ont pas d’intérêt à aller regarder ce qui se passe dans les cabinets vu qu’ils y trouvent, eux aussi, leur intérêt). Comme dans beaucoup de métiers (restauration, artisanat…) les professionnels ont été « poussés à la faute ou à la fraude » et un nouvel équilibre s’est installé : a-t-on vraiment intérêt à ce que ça change ? En tout cas, je ne crois pas que pour les kinés le changement soit pour demain, ni pour après-demain parce que ce changement imposerait une telle évolution à la fois dans les mentalités et les façons de travailler qu’à mon avis beaucoup de professionnels n’y sont pas prêts.

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents