Mercredi 20 février 2008
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17:30
Je lisais dernièrement sur un forum une conversation sur le besoin du câlin. C’est une chose que l’on ressent souvent derrière la demande du massage. J’ai
l’impression que les gens se touchent de moins en moins jusqu’à en arriver à la sensation de « manque ».
Il y a encore une trentaine d’années, jamais un enfant d’une famille normale ne partait au lit sans son câlin. Que ce soit le moment passé devant « bonne nuit
les petits » sur les genoux du père ou de la mère, ou bien le petit moment de lecture ou la chanson chantée comme berceuse : il y avait pour chaque enfant un moment d’intimité et
d’affection dans chaque journée.
Maintenant que les enfants ont leur télé-DVD dans la chambre, dès le repas terminé, ils courent regarder ce qui leur plait pendant que les parents s’organisent de
leur côté.
J’ai des pré-adolescents dans ma patientèle qui me disent être resté devant l’ordinateur jusqu’à minuit et parfois plus à tchatcher avec leurs amis virtuels. Il n’y
a plus cet instant privilégié dans la relation parents-enfants qui existait avant. Ou est le contact réel, physique ?
Le câlin créait un lien tactile et affectif entre deux personnes. Les deux individus ne formaient plus, pendant un instant, qu’une seule entité. Ce contact
permettait à l’enfant de pénétrer dans la sphère intime du parent tout en ressentant ses propres limites. Le fait d’être protégé lui montrait sa vulnérabilité et les bornes de ses possibilités
d’expansion. L’enfant a besoin qu’on lui montre ses limites. Si vous mettez un bébé dans un grand lit, il ira toujours se butter la tête contre le bois du lit : il doit ressentir
physiquement la limite de son univers, il est ainsi sécurisé. C’est à ce niveau aussi que prend sa place la fessée dont le rôle est de « recadrer » l’enfant sorti des limites imposées
par la famille ou la société. En donnant la fessée, on repousse l’enfant dans son cadre pour lui signifier : là tu es chez toi, plus loin, tu es chez les autres. A chacun son
domaine.
Maintenant on a tendance à refuser la sanction, on est dans le « no limits », la liberté absolue. Ce refus d’autorité existe en même temps qu’un refus de
vieillir (on porte des vêtements trop large pour faire croire qu’on va encore grandir ou des pantacourts pour montrer qu’on est encore des gosses). On veut être adulte en restant enfant. On a de
plus en plus d’adolescents prolongés, de diplômés qui n’arrivent pas à entrer dans le monde du travail, monde adulte s’il en est. Mais on ne se touche plus !
Il est remarquable que le "lit matrimonial" qui est resté plusieurs siècles à 1m20 de large soit passé à 1m40 après guerre et à parfois 2 mètres actuellement: on a vraiment besoin d'espace...et
de ne pas se toucher!
Et de plus en plus, parallèlement, la demande de massages augmente. On éprouve le besoin de se faire câliner, toucher, masser. Les centres se multiplient ouverts
souvent par des personnes pleine de bonne volonté mais totalement incompétentes. Pourtant ça marche : ce qu’elles amènent, c’est le contact. On forme des masseurs et masseuses en une
semaine. Ces personnes ne peuvent pas apporter à la cliente ou au client ce que lui apporte un masseur ou une masseuse réellement professionnelle mais simplement du bien ou du mieux être. C’est
déjà beaucoup me direz vous mais pourquoi former des professionnels pour se contenter d’amateurs (dont les honoraires sont souvent beaucoup plus élevés !).
Je me souviens d’un patient fort jeune et beau qui avait beaucoup de succès et qui me disait : « j’ai besoin de me faire masser parce que j’éprouve du
plaisir à un contact qui, tout en étant sensuel, n’est pas sexuel. Pour le sexe, j’ai pas de problème à trouver mais je reste souvent sur ma faim dans le domaine du plaisir sensuel. J’ai
l’impression qu’on me drague pour mon physique et pas pour moi !»
Le massage relaxant va donc, dans les années à venir, devenir de plus en plus nécessaire à de nombreuses personnes. On a besoin d’être touché alors que la société ne
favorise pas le contact (il n’y a qu’à voir l’évolution de la danse : on est passé du slow à la techtonic, du câlin au pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette !). Le massage va suppléer le
manque de caresses, c’est pour ça, peut être que j’aime bien le mot de papouille que je trouve affectueux, plein de tendresse.
LOL
c’est pour ça, peut être que j’aime bien le mot de papouille que je trouve affectueux, plein de tendresse.
d'accord à 200%
holala je réponds comme sur un forum, moi...